L’exploration spatiale, paradoxe ou innovation de rupture ?

Le secteur spatial est l’un des plus pointus au monde. Mais est-il pour autant innovant ? Nous pourrions penser que oui, mais la réalité est plus nuancée.

Innovation et industrie spatiale ne riment pas toujours ensemble. Le secteur est certes l’un des plus technologiquement avancés. Mais pour autant, l’innovation dans le spatial n’est pas toujours au rendez-vous. Si bien que certains paradoxes apparaissent.

Exploration spatiale : le paradoxe de l’innovation relative

Le spatial est un secteur très en avance sur d’autres. Ce qui le rend innovant au regard d’autres secteurs. Néanmoins, dans le champ de l’exploration spatiale, deux segments se distinguent. Le premier est celui des missions interplanétaires. Et le second celui des missions concernant la Terre et ses alentours. Les enjeux du segment interplanétaire imposent l’utilisation de technologies sûres à l’efficacité prouvée. Ce qui laisse en théorie peu de place à l’innovation. Cependant, celle-ci peut venir d’ailleurs.

Les missions de courtes distances dans le périmètre de la Terre permettent d’innover. Leurs enjeux ne sont pas moins importants que pour d’autres missions. Mais la proximité offre des retours d’expérience plus rapide. Par exemple des satellites utilisent déjà la propulsion électrique. Et l’usage de cette technologie est à l’étude pour de prochaines missions, notamment sur Mars. Enfin, de nouveaux acteurs font peu à peu leur apparition dans le secteur spatial.

L’exploration spatiale, un monde de start-ups ?

Au moins deux éléments des définitions de l’innovation de Schumpeter font du secteur spatial une innovation de rupture. D’abord sa capacité à générer des grappes d’innovations. Les innovations spatiales permettent d’innover dans d’autres secteurs. Comme c’est le cas par exemple avec IKEA. Ensuite, le modèle économique du secteur spatial se compose d’appels à grands projets. Appels auxquels répondent des entreprises privées, s’associant ainsi à des institutions publiques. Enfin, point moins essentiel pour Schumpeter, mais tout de même observable, le secteur spatial participe à l’écosystème des start-ups.

L’Agence spatiale européenne (ESA) accompagne plus de 500 start-ups via 18 incubateurs en Europe. Selon Jan Wörner, directeur général de l’ESA, la plupart d’entre elles ont du succès. Ce qui est une bonne chose pour favoriser l’innovation. Comme par exemple avec la start-up Part-Time Scientists, qui vise la Lune. Ainsi, les start-ups apportent un regard extérieur à celui des acteurs ancestraux du secteur spatial. Cependant, Jan Wörner nuance son propos en ajoutant que « beaucoup de succès ne signifie pas forcément que vous innovez ». Le prochain défi des acteurs du secteur spatial sera donc d’allier succès et innovation !

Olivier Menguy

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